A Addis Abeba, ce que propose l’Union Africaine pour la Libre circulation des personnes et des biens

Somate Cessouma Minata, la Commissaire aux affaires politiques de la Commission de l’Union Africaine.

Même si le traité d’Abuja qui date de 1991 et qui institue la Communauté économique africaine, et le dernier document l’agenda 2063 pour ne  citer que ces deux instruments juridiques, parlent déjà de la libre circulation des personnes, celle-ci n’est toujours pas effective sur l’ensemble du continent. L’Union Africaine a trouvé de nouveaux mécanismes visant une réelle intégration du continent.

« L’agenda 2063 envisage un continent intégré, un continent politiquement uni et un continent basé sur les idéaux du panafricanisme et la vision de la renaissance africaine. Le processus d’intégration du continent africain ne peut se réaliser sans la libre circulation  des personnes, des biens, le droit de résidence, et le droit d’établissement. L’intégration sociopolitique et économique reste la véritable perspective pour le continent africain, pour exploiter les importantes ressources minières, humaines de notre continent au profit de l’ensemble des africains, les populations africaines », a déclaré Somate Cessouma Minata, la Commissaire aux affaires politiques de la Commission de l’Union Africaine au cours d’une conférence de presse à Addis Abeba à l’occasion du 30è sommet de l’Union Africaine. Aux Journalistes à qui elle a invité à accompagner la Commission, S.E Somate Cessouma Minata a expliqué  que  « les frontières territoriales constituent des entraves à la libre circulation des personnes en Afrique » et que « parfois les non africain bénéficient des privilèges et faveurs pour traverser les frontières ce qui n’est pas le cas avec les africains ». Et c’est donc pour  permettre l’intégration effective du continent, que « la Commission de l’UA a organisé avec la participation de l’ensemble de ses Etats membres une série de réunions pour préparer un protocole qui porte  création de la Communauté Economique Africaine sur la Libre circulation des personnes, le droit de résidence et le droit d’établissement et avec un projet de feuille de route pour sa mise en œuvre » a déclaré S.E Somate Cessouma Minata qui avait à ses côtés madame Leslie Richer , Directeur de l’information et de la communication à la Commission.

Avantages du Protocole

Ce protocole présente d’énormes avantages pour le continent africain. La Commissaire aux affaires politiques de la Commission de l’Union Africaine a expliqué qu’« Il s’agira de faire progresser et de développer les économies en développant le commerce intra africain. Il s‘agira aussi à travers la mise en œuvre de ce protocole de faciliter la mobilité de la main d’œuvre particulièrement les jeunes, le transfert des compétences, surtout promouvoir l’identité panafricaine et l’intégration sociale ». Autres avantages de ce protocole, « Accroitre aussi les progrès technologiques, les investissements sur le continent, accroître la production industrielle et surtout créer des opportunités d’emplois ».

Le protocole permettra aussi de « Créer des marchés plus importants pour les biens et services  africains et permettra de réduire la fuite des cerveaux du continent et augmenter les transferts des fonds des ressortissants qui travaillent à l’intérieur des Etats membres et en dehors du continent » a ajouté la Commissaire de la Commission de l’UA.

Il faut noter que le continent a fait des progrès en matière de libre circulation des personnes. En effet, lors de leur conférence tenue à Kigali en juillet 2016, les chefs d’Etat et de gouvernement ont procédé au lancement du passeport africain et exporté les Etats membres à le délivrer à tous les citoyens africains. Ils avaient aussi pris la décision d’accorder un visa à tous les détenteurs du passeport africain,  décision mise actuellement en œuvre par certains pays,  tels que le Ghana, le Nigeria, le Rwanda, Maurice, Seychelles, Benin, etc. Mais il faut  également noter que  parmi les communautés économiques régionales qui ont pris de l’avance dans le domaine de libre circulation des personnes et des biens, vient en tête la cedeao, et la East african community.

« En Afrique de l’ouest on voyage avec la carte nationale d’identité. Mais la libre circulation est aussi freinée par la question du terrorisme…par des questions de sécurité. Si nous voulons un continent prospère, il faut aller vers la livre circulation. Il faut enlever la peur, c’et la peur qui fait que certains pays ferment leur frontières » dit-elle. En ce qui concerne le protocole, après son adoption et son acceptation par les Etats membres lors de ce sommet, la Commission va organiser des activités dans le cadre de sa mise en œuvre pour encourager l’intégration du continent. « Nous n’avons pas le choix que d’aller vers l’intégration politique régionale. Les pères fondateurs avaient cela à cœur… ce défi reste le défi économique » conclut la Commissaire aux affaires politiques.

Ericien Pascal Nguiamba à Addis Abeba

 

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